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Une dernière danse – partie 4

Dimanche 11 octobre 13 h 15 — dans un quartier résidentiel de Bandol

Assis confortablement dans son salon, Emir jubilait. Les chaînes d’info en continu ne parlaient que de ça : la nouvelle victime du tueur à l’escarpin rose.

Ombeline Ortega, 42 ans, originaire de Nancy, était assistante médicale depuis huit ans. Il prit un malin plaisir à découvrir les pans de sa vie qu’Ombeline lui avait cachés. Il se carra confortablement et but une gorgée de bière. Ses anciens collègues se rappelaient la femme enjouée et professionnelle qu’elle était. Emir zappa ainsi de reportage exclusif en rétrospective jusqu’à être repu. Il gloussa, ivre de joie. La police tournait en rond : elle ne l’arrêterait jamais.

Il sortit du salon, emprunta le couloir et dirigea vers le fond de l’appartement en fredonnant. Il avait envie de danser. Il l’ouvrit et aspira les odeurs âpres du produit nettoyant du parquet. Ça sentait le propre, ça sentait les jours de rentrée dans son village, lorsque tous les élèves étaient mis à contribution pour le grand ménage de la classe. Comme à chaque fois, il prit quelques secondes pour détailler la pièce. Elle lui ressemblait : sobre et luxueuse. Il avait choisi lui-même les couleurs et la décoration : des amplis intégrés dans chaque coin de l’espace, les miroirs sur toute une longueur pour admirer sa danse divine, la piste en chêne massif. Le tout était insonorisé pour plus de discrétion. Ici, il pouvait valser de tout son saoul et revivre tous ses spectacles. Pour l’instant, aucune n’était arrivée à la cheville de Lola. Sa douce et tendre Lola. Il ferma les yeux. Il courait dans leur champ. Lola adorait jouer à cache-cache. Elle n’était pas très dure à trouver. Il sentait les herbes hautes gifler son visage, son rire cristallin porté par le vent, quand elle retenait sa respiration répugnant à être découverte. Il éternisait les parties pour son plaisir à elle. Lola aimait la vie. Rien n’aurait dû arriver à sa Lola.

Il contempla la masse informe ligotée dans un coin de la pièce : la silhouette élancée, les joues marbrées de larmes sèches, les yeux rougis, les cheveux bruns souples. Elle avait fini par s’endormir. Serait-elle aussi légère que les autres une fois dans ses bras ? Serait-elle tout aussi douce une fois raide et froide ?

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