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Polar Africain #5 : Mic Mac politique en Algérie

One, two, three! Viva l’Algérie. Cinq mots, aucun en arabe. Bun Hay Mean

J’espère que vous aller bien dans ce mois ensoleillé. Après la fantaisie du Mozambique, nous basculons dans le fanatisme et les luttes de pouvoir politique. Vous avez évidemment reconnu l’Algérie avec l’un de ses écrivains phares, Yasmina Khadra. L’auteur, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, pour échapper à la censure dans son pays, avait pris comme pseudonyme les deux prénoms de sa femme… Espérons qu’elle va bien.

Morituri , emprunté à la fameuse expression de César, est le deuxième roman du quatuor algérien et nous situe dans l’Algérie des années 90 du commissaire Brahim Llob. Nous sommes dans les heures les plus sombres du pays miné à l’époquepar une instabilité chronique : des attentats quotidiens, des fonctionnaires démotivés et dépassés et une classe politique corrompue. 

Le commissaire est engagé par un ancien ponte de l’ancien régime pour retrouver sa fille de seize ans disparue. L’enquête est un prétexte pour dénoncer un gouvernement décomplexé qui n’hésite pas à utiliser des méthodes terroristes pour éliminer ses détracteurs, des terroristes qui s’avèrent être des gamins démunis qui basculent dans l’horreur pour échapper à la pauvreté, un peuple excédé, otage d’un système sans espoir.

Elle donne aussi une vision moins caricaturale des problématiques de l’Algérie : les personnages sont drôles et attachants. Le commissaire est d’un cynisme « rafraichissant », pas langue de bois pour un sou. L’intrigue pour ma part, était un peu dure à suivre : trop de personnages à se remémorer, trop de liens à détricoter. Néanmoins, la lecture n’en est pas tant gênée et on se laisse porter.

Ce roman est un hommage aux honnêtes qui ne cèdent pas aux sirènes de la facilité.

Ce roman est un cri d’amour à la belle Algérie qui rêve de paix et de liberté.

Un livre que je recommande chaudement. 

Résumé

couverture yasmina-khadra-morituri

 » Da Achour ne quitte jamais sa chaise à bascule. Chez lui, c’est une protubérance naturelle. Une cigarette au coin de la bouche, le ventre sur ses genoux de tortue, il fixe inlassablement un point au large et omet de le définir. Il est là, du matin au soir, une chanson d’El Anka à portée de la somnolence, consumant tranquillement ses quatre-vingts ans dans un pays qui déçoit. Il a fait pas mal de guerres, de la Normandie à Diên Biên Phu, de Guernica au Djurdjura, et il ne comprend toujours pas pourquoi les hommes préfèrent se faire péter la gueule, quand de simples cuites suffisent à les rapprocher. »

Citations

2 Responses
  • Patricia
    mai 20, 2018

    J’ai lu ce livre comme la plupart des livres de Yasmina Khadra…son écriture est magnifique et ce polar n’echappe pas à la poésie de la littérature maghrébine francophone que j’affectionne particulièrement. Je pense à Khateb Yacine, Tahar Ben Jelloun.

    • Oluf
      mai 26, 2018

      Merci, Patricia!! Ça me donne d’autres pistes pour mes prochaines lectures!!!

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