Oluf lit « Il n’y a pas de petite querelle » de Amadou Hampâté Bâ

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Ecrivain, historien, ethnologue, poète et conteur talentueux, Amadou Hampâté Bâ était une des plus hautes figures de la sagesse africaine. Toute sa vie, cet homme s’est attaché à défendre et à sauvegarder les cultures orales peules et le dialogue entre les hommes.

C’est l’un de mes auteurs favoris. J’avoue cet avis n’en est pas vraiment un, tant j’ai aimé les contes qui m’ont bercée toute mon enfance. C’est à lui qu’on doit la fameuse citation:

un vieillard meurt, c’est comme une bibliothèque qui brûle (et pas l’inverse…)

Avis

Ce livre contient treize récits d’aventures qui émerveilleront les tendres pousses et sont bourrés d’enseignements cachés pour « les mentons velus et les talons rugueux ». Les contes d’Hampâté Bâ ( les contes africains en général) ont toujours une vocation didactique car ils ont toujours quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes. Et la confrontation de ces interprétations suscitent bien des débats animés (sauf après un dîner trop copieux).

Généralement, ces fables mettent en scène des animaux ridiculisant les traits de caractère humains. On a ainsi affaire au lièvre rusé mais craintif, la hyène naïve et gourmande ou la panthère rapide et féroce sans parler de Sa Majesté Le Lion.

Certains des contes du recueil illustrent des sentiments humains comme : l’ingratitude dans « L’Homme et le crocodile », l’orgueil dans « Le marabout trop gourmand » ou la méchanceté dans « La coépouse bossue ». D’autres sentiments plus nobles sont mis en avant comme l’amour de soi dans « Le saint homme et la petite souris » et l’amour dans « L’origine de la chauve-souris » ou encore la fidélité et la persévérance dans « Le chapelet d’or ».

Enfin, d’autres fables stigmatisent les dérives sociales : le danger de l’indifférence individuelle face à un conflit modeste comme dans « La querelle des deux lézards », ou le ridicule du pouvoir despotique et tyrannique comme « Le roi qui voulait tuer tous les vieux », les dangers du fanatisme en général dans  « La mare aux guenons ».

Mes préférés du livre sont « Le cadavre de Hyène-Mère » qui montre bien l’humour de l’auteur et qui est une belle satire des inégalités entre les différentes classes sociales et « La querelle des deux lézards » qui rappelle bien qu’à petites causes, grands effets.

Résumé

Contes traditionnels du Mali ou d’ailleurs, ces  » nouveaux contes de la savane  » sont rapportés et développés par Amadou Hampâté Bâ dans le style plein de vivacité, d’humour et de poésie qui est le sien. Qu’il s’agisse de grands récits d’aventures mêlés de fantastique, de satires morales ou sociales, de contes humoristiques ou de tranches de vie savoureuses, on y trouvera non seulement un vif plaisir de lecture et de dépaysement, mais aussi de nombreux sujets de réflexion dont l’actualité est de tous les temps. Certains de ces contes projettent en effet une lumière particulière sur divers défauts ou qualités de la nature humaine ; d’autres stigmatisent certaines tares sociales : tentation du despotisme, fanatisme religieux, indifférence devant les conflits qui ne nous concernent pas, etc. ; d’autres enfin, à travers les aventures de personnages d’exception cachés sous des dehors repoussants, nous invitent à ne jamais juger d’après les apparences… Amadou Hampâté Bâ avait coutume de dire qu’  » instruire en amusant a toujours été le grand principe des maîtres africains de jadis « . Ce recueil montre, une fois de plus, qu’il est l’héritier incontestable de cette grande lignée.

Citations

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