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Ode à la joie

I

l y a une musique que je n’entends jamais sans trembler de joie et cette musique c’est ton rire. Il excite comme un caramel coulant : on y succombe tôt ou tard. Il nous ramène au moment présent. Il y a encore tant de belles choses à vivre.

Quand tu arrives dans un lieu, chacune des fibres de mon être me le chante. Je n’ai pas besoin de le vérifier, je cueille l’atmosphère chargée de ta puissance. Tu m’insuffles ton énergie et mon corps revient à la vie. Je déborde d’amour et de soif de liberté.

J’ai tellement de chance de faire partie de ta vie. As-tu remarqué combien les gens que nous côtoyons se croient si malheureux ? Un bouc émissaire est toujours bien en vue : les capitalistes, le gouvernement, le patron… Comme tu as raison de les occulter : ils ne veulent pas voir la beauté du monde ! Je préfère m’accrocher à toi. Tu es ma bouée, noyée dans ces eaux de négativité. Nos pensées sucrées nous font dériver dans l’océan de l’abondance. Je ne te lâcherai jamais. Sans toi, la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. Sais-tu où nous irions sur notre magnifique radeau ?

Je nous imagine sur une plage tropicale. T’ai-je dit combien j’ai soif de soleil ? Il danse sur nos peaux. Nous nous enfonçons dans le sable tiède, nous nous goutons mutuellement. La mer calme et scintillante s’étend à perte de vue.

Tu m’attires à l’eau. Elle nous rafraîchit. Nous plongeons dans les vagues chatoyantes. Les coraux et les poissons colorés dansent autour de nous. Notre amour et le grand bleu nous engloutissent.

Je sens ton odeur, ton visage épanoui, mes doigts caressent tes lèvres charnues. Tes baisers sont salés. Et toujours ce rire. Ton contact m’électrise, j’ai envie de voler… Allez, viens ! Jouons à la marelle avec les nuages ! Nous les chevaucherons et nous nous évaderons. Te souviens-tu de ce catalogue de voyages que nous avions feuilleté durant la pause déjeuner ? À nous les Maldives, la Turquie ou Mars !

Oh, mon amour, j’ai de si beaux projets pour nous !

La lumière diminue. La nuit déploie ses ailes. Il fait si noir d’un coup. J’ai froid, je suis seule. Je te cherche, mais je ne t’entends plus. Je hume l’air et je ne te sens plus. Non, ne me laisse pas ! Sans toi, je n’y arriverai pas. Et je sombre.

Bien sûr que tu n’es plus là. Tu ne me connais pas, tu ne m’as même jamais remarquée. Nous nous parlons tous les jours pourtant, mais je reste cruellement en périphérie.

La seule musique que je subis en tremblant c’est ton indifférence. Car je n’existe pas. Cependant, je garde ce fol espoir : que mon fantasme soit un avant-goût de notre destin futur. Afin qu’un jour, tu me laisses prendre racine dans ta vie.

FIN

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