Une dernière danse

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Éditions :Numérique (Français)

Quatre paires d’escarpins rose vif et la vie du commissaire Rémi Afonso implosa. Bientôt, cette enquête lui fera aussi perdre sa dignité puis son travail. Deux mois après une cure de désintoxication forcée, c’est un Rémi neuf qui revient à Bandol prêt à se reprendre en main.
Mais les corps s’amoncellent. Rémi se retrouve malgré lui au cœur de cette enquête maudite, cette fois en tant que suspect. Une course poursuite démarre alors pour prouver son innocence et surtout reconquérir la seule chose qui donne un sens à sa vie : son commissariat…
Inconditionnelle d’Agatha Christie, Oluf Emi nous entraîne dans une nouvelle policière haletante sur fond de tango avec une chute renversante.

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Dimanche 11 octobre vers 5 h — Plage – Bandol

 

Assis dans le sable contre un muret, il ne pouvait s’empêcher de claquer des dents. Malgré le vent marin revigorant, il était glacé jusqu’au sang. Ça recommençait. Il avait mal à la tête. Emir ne voulait pas rester caché.

Emir voulait penser à Lola.

– Encore une, chuchota Emir. Encore une et je m’arrêterai.

Inutile de protester. Emir s’impatientait et voulait une autre femme.

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Il tenta de se redresser et s’enfonça piteusement dans le sable. Il contourna les poubelles et revint dans la salle de réception. Malgré l’aube naissante, l’ambiance était toujours bon enfant. La foule endimanchée plaisantait, flirtait en buvant des cocktails sophistiqués. Quand le brouhaha faiblissait, on pouvait saisir les classiques joués par l’orchestre : Tino Rossi, Gloria Lasso ou encore Georges Guetary. Des serveurs armés de coupes et de petits fours se faufilaient avec souplesse à travers les convives. Il attrapa au vol un verre et le vida. Cette soirée le frustrait. Il avait envie de danser, mais elle n’était pas là.

Son regard se posa sur une imposante décoration florale qui bordait la piste. Il s’adoucit. Les orchidées venaient d’éclore et leur parfum mélangé à l’air marin le grisait. Du bout de l’index, il caressa la tige délicate qui se dandinait gracieusement sous la brise océanique.

Il fronça les sourcils en découvrant un puceron remonter le pédicule. Il le saisit d’un mouvement agile. Les pattes de l’insecte moulinèrent dans le vide. Il le coinça entre le pouce et l’index et pressa. Fort. Puis, il roula en boule le déchet et s’en débarrassa d’une pichenette. Une fleur était fragile et devait rester pure. Il caressa à nouveau la tige de l’orchidée. Il détailla ainsi chacun des pétales. Il ne s’éloigna qu’une fois assuré que les plantes étaient en sécurité.

L’orchestre entama une nouvelle ballade. Il sursauta comme si on l’avait giflé. Tino Rossi. Sa chanson préférée.

Le plus beau de tous les tangos du monde, c’est celui que j’ai dansé dans vos bras…

Alors que les notes s’élevaient, sa colère jaillit en voyant les premiers couples se former. Un homme se plaça avec sa partenaire. Il grimaça. Une chemisette ? Lorsqu’on déclarait son amour à une dame, l’on se devait d’être correctement apprêté ! Il balaya la piste et ses yeux accrochèrent une femme en sandales plates. C’était quoi l’étape d’après ? Tatouage et distribution de cocaïne ? Aucun ne méritait d’être là. C’est lui qui aurait dû être au centre! Avec sa partenaire ils auraient tournoyé, virevolté, parfaitement synchronisés et atteint la perfection. Il ferma les yeux et se vit enchaîner les balancements et les pas latéraux avec précision. Il parcourut la salle comme il l’avait fait maintes et maintes fois dans la soirée. Où diable était-elle ?!!

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