Une dernière danse – partie 8 (la der des der)

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Dimanche 18 novembre 14 h — Unité pour les malades difficiles de Montfavet – Vaucluse.

Recroquevillé dans son lit, Emir regardait fixement une moisissure sur le mur. La chambre était spartiate, le matelas rude et les parois grisées par des graffitis délavés. Il allait bien. Il n’entendait plus les voix. C’était le silence dans sa tête. Si seulement, il pouvait en être de même avec celles du monde extérieur ! Il n’en pouvait plus de ce ballet incessant : les cris des autres malades, le babillage des infirmiers, les psychologues, les interrogatoires, les interviews… Avec le temps, il avait appris à être présent en apparence seulement. Dès qu’il le pouvait, il s’évadait. Aujourd’hui, c’était grâce à cette moisissure.

Une dernière danse – Partie 7

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Dimanche 11 octobre vers 17 h 30 — Quartier résidentiel des maraîchers — Bandol

Rémi ouvrit la porte d’entrée et laissa Sonia s’engouffrer. Il jeta son pull sur un meuble à côté de lui. Maintenant qu’il avait insisté pour la faire rentrer, il regrettait. Il n’avait qu’une envie : lancer ses baskets à travers la pièce et se couler dans le sofa devant une bière fraiche. De toute façon, lorsqu’elle verrait la saleté dans son appartement, elle prendrait ses jambes à son cou. Il appuya sur l’interrupteur, mais l’entrée resta dans le noir. Il fronça les sourcils et cliqua frénétiquement. Il ne manquait plus que ça ! Il tendit les bras pour se guider et avança à petits pas. Le disjoncteur se trouvait dans une chambre d’appoint au fond.

Une dernière danse – partie 6

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Dimanche 11 octobre aux alentours de 16 h — quartier résidentiel de Bandol

 

Immobile, Rémi regardait par la fenêtre de la voiture. Devant son air désemparé en sortant du restaurant, Sonia avait proposé de le déposer au commissariat. Préoccupé, discuter avec elle lui semblait au-dessus de ses forces. Pire, son odeur obsédante de citron n’arrivait plus à le transporter. Regroupées, les initiales des prénoms des victimes formaient Afonso. Il en était de même pour leurs noms de famille, leurs professions et leurs adresses. Cette façon malsaine d’être au centre de l’attention le paniquait. Son pouls s’accéléra. Depuis le début de cette affaire, tout tournait autour de lui. Olivia avait été découverte dans sa juridiction. Sur l’insistance de son fiancé et troublé par ce rituel de l’escarpin, il avait trouvé Amandine et Françoise dans des communes voisines.

Une dernière danse – partie 5

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Dimanche 11 octobre aux alentours de 16 h — quartier résidentiel de Bandol

 

Rémi ouvrit les yeux et regarda les alentours. Il était allongé sur un banc aux planches bosselées. Malgré les fenêtres ouvertes, l’endroit était étouffant et sentait la friture. Devant lui, au-dessus d’un comptoir, tableaux lumineux affichaient des menus. Rémi fronça les sourcils, soudain perturbé par un crissement interminable. Il avait l’impression qu’on lui sciait les dents avec une molette. Il tourna la tête vers le bruit qui provenait de sa droite. Un homme vêtu d’un short bleu et d’un t-shirt bariolé empilait des tables en acier dans un coin. Son horrible migraine s’éveilla aussi. Il avait l’impression qu’elle jouait avec lui, comme le lion guettant l’antilope crédule. Il regarda l’horloge accrochée à côté des affiches : déjà 16 heures.